jeudi 19 décembre 2013

II) Peter Pan un objet médiatique propice à une analyse sur l'être humain

3) Peter Pan, précurseur d'un syndrôme



Par la suite Peter Pan a engendré une analyse psychologique dans le monde de la médecine. L’œuvre initiale devient donc un outil médical, et non pas un conte enfantin, ou un dessin animé où l'on peut échapper à la réalité. Au sein de Peter Pan, l'idée du refus de grandir est bien fondé et bien présente. Cette idée n'est pas forcément concluante pour notre psychanalyste Dan Kiley, puisqu'il théorise un syndrome au nom de notre personnage Peter Pan. L'idée de grandir, angoisse plus d'une personne, en effet l'individu touché du syndrome de Peter Pan se refuse de grandir, étant incapable de faire face à ses responsabilités, et d'accéder à ses sentiments profonds. Il veut rester dans l'enfance. Basé sur l’œuvre originale, le psychanalyste à théorisé ce symptôme. Cependant ce syndrome n'a pas été reconnu car il ne fait pas appel à des études scientifiques.





Première page à l'intérieur de l’oeuvre de Dan Kiley
                                             



Dan Kiley dresse les six symptômes majeurs d'une personne atteinte.
Tout d'abord l'irresponsabilité. Il évoque le fait que "l'irresponsabilité est la clef de la jeunesse éternelle".
La citation de Barrie :

« Je suis la jeunesse, je suis la joie, je suis un petit oiseau tout juste sorti de l'oeuf. » - « Enfui, pourquoi ? » demande Wendy. - « Parce que j'ai entendu père et mère parler de ce que j'allais devenir quand je serai un homme. Je veux rester un petit garçon toute ma vie et m'amuser. » démontre bien le fait que Peter veut échapper à ses responsabilités tout comme l'individu touché.

Le deuxième symptôme a relevé est l'angoisse. Relevons une citation de Barrie qui relève ses propos :

Peter dit : "Wendy tu te trompes pour ce qui est des mères? J'ai pensé la même chose que toi à propos de la fenêtre (qu'elle resterait ouverte) et je suis resté éloigné des lunes et des lunes, puis je suis revenu en volant, mais la fenêtre avait été fermée car ma mère m'avait complètement oublié et un autre petit garçon dormait dans mon lit".
L'angoisse de Peter Pan rebondit partout au Pays Imaginaire à un point de faire peur à tout le monde. Son angoisse lui fait perdre toutes notions de priorités , en effet il peut jouer de la flute de Pan alors que Crochet allume la mèche d'une bombe à côté. Ses priorités sont faussées. Il se sent délaissé, délaissé par son père et perturbé par ce qu'il voit comme le rejet de la mère. Cette combinaison provoque chez lui une angoisse terrible.

On relève ensuite la solitude, Peter évoque le fait que les enfants perdus et lui même se sentent seuls de temps à autre. Cependant Peter Pan ne s’apitoie pas sur son sort, étant donné qu'il n'est pas seul à être orphelin, et seul, il ne panique pas. Il échange cette solitude contre la gaieté et la ruse.

On relève aussi le conflit à l'égard du rôle sexuel, en effet Peter Pan ne comprend pas qu'il fait des fixations sur sa mère ce qui provoque chez Wendy une certaine frustration.

"Wendy : Quels sentiments éprouvent tu exactement à mon égard, Peter ?

Peter : ceux d'un fils dévoué, Wendy

Wendy ( se détournant ) : C'est bien ce qu'il me semblait.

Peter : je ne te comprends pas. Lys Tigré est comme toi. elle dit qu'elle veut être quelque chose pour moi, je ne sais pas quoi mais pas ma mère"

Wendy : Non, effectivement
Peter : Mais quoi alors ?

Wendy : Il ne sied pas à une dame de le dire

Peter (ennuyé) : Je suppose qu'elle veut dire qu'elle veut être ma mère"

Peter veut que les filles agissent en mère à son égard. Sa dépendance infantile inhibe toute relation adulte. Il ne pense qu'à une chose et si les filles ne pensent pas comme lui, alors qu'elles fassent leur chemin.

Voici un autre symptôme celui du narcissisme. En effet Peter Pan ne veut entendre que des histoires où il en est le héros afin de renforcer son idée de la perfection, mais c'est son narcissisme qui le protège de la peur et de la solitude. On relève aussi un symptôme qui tire vers le machisme, l'impuissance sociale et le découragement.

Tous ces symptômes ont été analysé par le psychanalyste Dan Kiley d'après l'oeuvre de Barrie et des cas qu'il rencontrait. Il explique dans son œuvre le moyen de faire évoluer et changer les personnes atteintes.

Barrie pouvait-il croire à l'époque que Peter Pan le personnage emblématique se retrouverait au cœur d'une analyse médicale ? Son œuvre est donc devenu un moyen un moyen de relater certaines valeurs et aspirations humaines, certainement celles auxquelles aspirées Barrie de part son histoire personnelle, mais aussi un moyen de reconnaitre les points faibles de ce personnage, puisqu'elles amènent à une étude médicale.


En effet tous ces points, et ces analyses nous montre bien la complexité du personnage au sein du dessin animé et de l’œuvre originale. Ces œuvres ne sont pas simplement destinées à un public enfantin, mais aussi à un public d'adulte. En effet l'adaptation de Disney est destinée à tout le monde, par ce monde édulcoré et cette magie de l'enfance, mais l’œuvre originale est beaucoup plus noire. On peut avoir de nombreux degrés d'interprétation de ce personnage. C'est une œuvre incontournable aujourd'hui, et ça depuis plus d'un centenaire. Il n'est donc pas anodin de voir Peter Pan si ancré dans la culture médiatique.

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