SALSETTI Elena
L3 Sciences du Langage de l'Information et de la Communication
Cultures Médiatiques
Mme Langlet / Mme Levet/ Mme Huz
Affiche du dessin animé Peter Pan
Plan :
I) Une référence dans le monde médiatique 1) Peter Pan et sa densité dans son réseau médiatique 2) Un rapport étroit avec son public 3) Une postérité travaillée
II) Peter Pan, un objet médiatique propice à une analyse sur l'être humain 1) Un monde utopique si médiatisé 2) Une valeur maternelle 3) Précurseur d'un syndrôme
Corpus :
Peter Pan, Walt Disney, 1953
Peter Pan, James Matthew Barrie, 1911
Le syndrome de Peter Pan, Dan Kiley, 2000, Ed. Odile Jacob
Le dessin animé, un genre
incontournable de la culture médiatique, puisqu'il s'agit d'une
technique de film d'animation, pour mettre en mouvement des dessins
papiers. Il est surtout connu pour un public enfantin même si tous
les dessins animés ne sont pas destinés qu'aux enfants. Depuis des
années le dessin animé ne cesse d'évoluer de part des techniques
diverses. En effet l'informatique a révolutionné les techniques
traditionnelles, puisque aujourd'hui de nombreux dessins animés se
font sur ordinateur. Mais on tente de garder tout de même l'esprit
du dessin en gardant beaucoup de croquis dessinés à la main. Le
dessin animé devient la marque de fabrique d'un certain Walt Disney.
Cet homme est né le 5 décembre 1901 à Chicago, il devient alors
producteur, réalisateur, scénariste, acteur, mais surtout animateur
de dessins animés. Il fonde en 1923 la société Walt Disney
Company, grâce à laquelle il deviendra l'un des producteurs les
plus célèbres. Et c'est grâce à de nombreux Disney qu'il acquiert
une certaine notoriété. En effet il n'hésite pas à reprendre de
contes de Perrault, tel que La Belle aux Bois Dormant, ou
encore Blanche-Neige et les Sept Nains, et pleins d'autres
encore. Cependant il souhaite réaliser un dessin animé reprenant
une œuvre de la littérature jeunesse qui a marqué les esprit au
XXème siècle, il se penche alors sur l’œuvre Peter Pan de
James Matthew Barrie. En effet il reprend l’œuvre originale du petit
garçon qui ne veut pas grandir, qui a pour habitude de venir écouter
les histoires d'une petite londonienne, Wendy. Il vient aussi
récupérer son ombre qu'il a perdu lors d'une précédente visite.
C'est alors que les deux personnages se rencontrent et Peter pousse
Wendy à le suivre au Pays Imaginaire, le Neverland, l'endroit où
l'on ne grandit pas. C'est un dessin animé qui reprend de nombreux
thèmes récurrents de notre vie, mais principalement celui du temps
qui passe. Dés sa sorti en 1953, et encore aujourd'hui ce dessin
animé, est un des plus grands classiques Disney, et tient un place
très importante dans la culture médiatique. D'après l’œuvre de
Barrie jusqu'à aujourd'hui il a été adapté à maintes reprises et
se créant alors une existence médiatique bien réelle. Dans mon
analyse, je traiterai bien évidemment de Peter Pan crée par Walt
Disney, mais aussi de l’œuvre originale de Barrie qui est le berceau
de cette explosion médiatique, puis j'évoquerai l'analyse réalise
par un psychanalyste, Dan Kiley, traitant d'un syndrome; Le
Syndrome de Peter Pan, paru en
2000.
La présence
médiatique de Peter Pan nous l'a devons principalement à Walt
Disney, mais aussi à pleins d'autres œuvres, qui ont su l'adapter
selon les époques, et nous tacherons de les relever. De plus Peter
Pan, est un personnage complexe, que Dan Kiley a longuement étudié
et qui nous a amené à nous remettre en question sur certaines
questions et valeurs humaines. Nous tacherons de voir comment Peter
Pan a su garder cette présence médiatique dans le temps, et comment
il a été le précurseur d'une analyse médicale.
L’œuvre de Barrie, a permis une révélation du personnage par les nombreuses adaptions qui ont été réalisées à la suite de sa parution. Peter Pan est un personnage singulier, par son refus de grandir, on ne le voit pas grandir, et cela depuis plus d'un siècle. Peter Pan est une oeuvre incontournable, puisqu'il a bercé notre imaginaire dans un monde romanesque, graphique et cinématographique.
1) Peter Pan et sa densité dans son réseau médiatique :
Peter Pan de Disney, n'est pas une œuvre isolée, comme nous l'avons dit précédemment elle se base sur l’œuvre de l'auteur écossais, James Barrie. Il écrit, en 1902, The Little White Bird, où Peter Pan y fait sa première apparition, il prend son essor en 1904 lorsque la pièce de théâtre est jouée pour la première fois à Londres. Le succès se doit de perpétuer pour le plus grand plaisir du public, et c'est en 1911, que l'existence de Peter Pan prendra un grand tournant, puisqu'il publie Peter Pan and Wendy, la véritable histoire de Peter Pan, The boy who wouldn't grow. C'est donc après un tel succès littéraire que Walt Disney l'animateur de dessins animés phare des Etats Unis et du monde entier, décide de l'adapter. Il reprend l'idée principale du livre, celle d'un petit garçon qui ne voulait pas grandir. Il tente de rester fidèle au livre. C'est avec l'aide de Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske qu'il réalise le film. En effet l'adaption disneyenne, édulcore l'oeuvre originale, qui à la base est relativement froide et cruelle, ce dessin animé est adressé à tous public, avec un devoir de ne pas choquer les enfants, le songe enfantin est revisité, l'émerveillement est teinté de magie, tout comme le veut la compagnie Disney, cette adaptation est à leur image. Le voyage de Peter Pan par Disney appartient à tous, reflétant nos rêves d'enfants.
Fond d'écran Peter Pan
Cette fiction met en scène le personnage principale Peter Pan, qui pour la première fois, est crée sous la forme d'un garçon, auparavant toujours joué par des femmes. Ce personnage tente alors de retrouver son ombre chez la famille Darling, alors qu'il la perdu lors de sa précédente visite. Il rencontre alors Wendy, une jeune fille qui est sur le point de grandir, il décide alors de l'amener au Pays Imaginaire. Un pays, où tous les rêves deviennent possibles, et où l'on vit des aventures époustouflantes. En effet qui n'a jamais rêvé d'aller sur une île où se trouvent pirates, indiens, et sirènes. Les enfants découvriront ce monde magique, tout en volant, et aussi aux côté de la fée clochette. C'est véritablement grâce à l'adaptation de Disney que le personnage de Peter Pan se fait connaître du grand public et qui marque le monde médiatique de part ses dessins très colorés mais aussi grâce à ses multiples aventures.
Par la suite ce
personnage sera mis en scène à de nombreuses reprises.
En
effet, en
1989, la série animée Peter
Pan no Bouken
réalisé par Nippon Animation voit le jour au Japon. Elle débarque
en France en janvier 1990 avec un retour aux aspects plus troublants
de l'histoire, et des aspects graphiques dignes d'un manga japonais.
Affiche de la série
Le personnage est totalement différent du Peter de Disney. En effet il 'est pas plus vêtu de vert, Wendy, ne porte plus sa robe de chambre bleue, elle est rousse et non plus brune. La fée clochette est vêtue d'une robe rose et elle est brune. Loin de la Fée Clochette, blonde, à chignon et habillée d'une petit robe verte naturelle. Ils survolent eux aussi une ville. En arrière plan on peut reconnaitre Big Ben. Loin de l’œuvre de Disney, revisité au goût des japonais.
Depuis
1990, le dessinateur Régis Loisel, crée une série de bandes
dessinées à la gloire de Peter Pan. Aujourd'hui on compte 6 tomes.
Cette série relate la genèse du personnage. Cette série de
Bandes-dessinées, est beaucoup plus dure que l'adaptation de Disney.
Le Peter de
Loisel naît dans un monde cruel où les enfants sont battus, violés,
crèvent de solitude avant de mourir de froid et de faim. Ce réalisme
confine à l'horreur, et à la bestialité, chose que nous ne verrons
pas dans l’adaption disneyenne. En effet les éléments graphiques
n'ont rien à voir :
Les premières de couverture des 6 tomes
Peter Pan vu par Régis Loisel
A travers ces deux images, on remarque Peter Pan est différent de celui de Disney, leur point commun est certainement leur couler de cheuveux, en effet ils sont tous les deux roux. Le Peter Pan de Loisel ressemble plus à un enfant ordinaire, alors que celui de Disney relève du fantastique. Concernant les premières de couverture, on remarque un Capitaine Crochet, qui fait véritablement peur, qui à l'air cruel, colérique. Quand à la fée clochette elle est plus rondouillette que celle de Disney, Régis Loisel la caractérise comme une vraie femme. Puis concernant les trois premières pages de couverture on est face à des décors plus froids, plus intenses que Disney. Une adaptation qui diffère encore du monde magique de Disney, mais qui ne laisse pas indifférent les amateurs du personnage.
En
2000, un film de la comédie musicale de Jérôme Kern a été
déclaré « culturellement important » par la
Bibliothèque du Congrès des États-Unis, et a été sélectionné
pour être préservé par le National Film Registry.
En
2003, P.J. Hogan a réalisé Peter Pan joué par un jeune acteur,
Jeremy Sumpter et Crochet par Jason Isaacs. Une adaptation
esthétiquement intéressante mais toujours relativement restrictive
à l’œuvre originale ou de l'adaptation de Disney.
Affiche du film
Acteur Jérémy Sumpter
En
2004,
Marc Forster réalise Neverland.
Pour la première fois, un film sur Peter Pan se focalise sur son
auteur et la relation qu'il a avec son personnage. Plus profond, le
film renseigne assez bien sur l’origine de l’œuvre. A l'aide
d'un très gros casting car il met en scène Jonnhy Depp et Kate
Winslet.Il
reçoit même une récompense, l'oscar de la meilleure musique.
Encore un plus pour sa popularité, et sa côte médiatique.
Affiche du film
Après de
nombreuses adaptations, ou suites de Peter Pan, le personnage et son
histoire a su s'ancrer dans le monde médiatique, comprenant des
oeuvres diverses, tant romanesques, que cinématographiques, ou
graphiques. Cependant c'est véritablement grâce à l'oeuvre de
Disney, qu'il marque la culture médiatique, c'est lui le référent.
Il détient alors une existence propre et hors normes et que personne
n'a encore défiée dans la culture médiatique.
Le statut
particulier de Peter Pan de Disney vis à vis de son importance
médiatique est certainement du à l'image qu'il donne à son public,
et le fait que chaque personne peut s'identifier à travers ce dessin
animé. En effet toutes personnes étant enfant, a rêvé à des
histoires et aventures fantastiques, et tout le monde s'est déjà au
moins dit une fois, non je ne veux pas grandir. Tout le monde s'est
retrouvé entre le réel et l'imaginaire tout comme Peter Pan.
Ceci est la bande annonce originale du Walt Disney ; Peter Pan sorti en 1953. Nous avons la présentation de séquences importantes sans trop les dévoiler. Cette bande annonce est rythmée par des séquences aventureuses, une musique dynamique, qui reprends tous les refrains des chansons phares composées par Oliver Wallace. On nous présente brièvement les personnages à la suite. Cette bande annonce est une rétrospective de ce qu'on peut trouver dans le dessin animé entier. Elle est aussi à l'image de Disney avec des graphismes à son image et des dessins très colorés.
L'adaptation de
Disney a permis une démocratisation de l’œuvre initiale mais l'a
surtout édulcoré en fermant les yeux sur la complexité et la
profondeur de la vision de l'autre originale. On est face à un
dessin animé imaginaire un peu réducteur, au bonheur de tous les
enfants, puisqu'ils se retrouvent dans un monde merveilleux où les
enfants réalisent leurs rêves les plus fous et vivent des aventures
incroyables et tout cela avec simplement de la de poussière de fées.
Peter Pan réunis tout ce qui fait d'un film d'animation un
classique Disney. C'est un film brillant et très attirant et un
film qui touche les petits comme les grands. Beck Hansen a dit que
c'était "un excellent film, un magnifique instantané de
l'animation Disney en pleine maturité".
Le
film comprend à la fois de l'aventure, de l'humour que l'on retrouve
principalement autour des pirates, mais aussi des petites touches
tendres comme le moment où Michel saupoudre la chienne Nana, de poussière de fée pour qu'elle s'envole avec eux , mais qui reste attachée à sa niche.
Gif : Nana tente de s'envoler pour les suivre
Il saupoudre Nana de la poussière de fée
Elle commence à s'élever mais reste accrochée à sa niche
L'atout
principal d'un dessin animé c'est qu'il peut superposer pleins
d'éléments en même temps, qui peuvent créer quelque chose de
magique,
que le livre ne peut transcrire. A travers l'image on superpose
plusieurs effets marquants, telle que la chanson "we can fly"
qui n'est pas sans importance, en effet elle témoigne de la
légèreté de l'enfance, tout comme Peter Pan cherche à la faire
durer : «
Think of all the joy you’ll find, When you leave the world behind
and bid your cares goodbye, You can fly ! »
En
étant face à une image montrant des enfants s'envoler vers un autre
monde après avoir détraqué le temps, une chanson qui encourage à
se libérer de toutes responsabilités et une phrase phare de Barrie
: «
Second
star to the right, and straight on till morning. » (Barrie, p. 50),
nous ne pouvons qu'adhérer à cette philosophie.
Dans Peter Pan un des moments les plus marquants sont lorsque les
personnages s'envolent vers le Pays Imaginaire.
Nous
téléspectateurs, nous nous joignons à eux à ce moment là aussi,
et tout comme les personnages nous allons échapper à la réalité,
à notre réalité pour entrer dans le monde onirique de Peter Pan.
On s'échappe de Londres, on arrête le temps avec eux avec le
passage sur Big Ben, et nous voila partis vers "la seconde
étoile sur la droite" Cette séquence marquante nous la devons
à Disney et non pas à Barrie. Tout au long de la chanson phare du dessin animé nous voyons les personnages s'enfuirent vers le Pays Imaginaire, et quitter Londres. Nous avons des gros plans sur les personnages en train de voler. Le vol est ici l'action principale, c'est le symbole de la liberté. De plus lorsqu'il s'arrête sur Big Ben, ils arrêtent le temps, ou ils le détraquent. On passe alors de la réalité à la fiction.
Ce film détient
aujourd’hui une singularité qui lui est propre qui lui permet
d’acquérir un statut primordial au sain de la culture populaire. Il est destiné à un public large, enfant et adultes, qui se laissent emporter par Peter Pan et ses aventures.
On
peut aussi remarquer que
Peter Pan
est un des rares films avec
un personnage principal masculin et à avoir réussi auprès du
public.
Walt
Disney
fut affligé par l'échec du long-métrage qui précéda
Peter Pan,
Alice
au pays des merveilles.
Malgré cet échec, M. Disney tenta une nouvelle aventure, convaincu
de relever le défi. Il était décidé à rendre le meilleur des
hommages à ce classique bien-aimé des anglais, Peter
Pan.
Walt
Disney avait pour projet depuis son plus jeune âge de mettre en
scène, et de réaliser Peter Pan. L'adaptation de ce film, a été
quelque chose de novateur pour lui et la compagnie Disney, en effet
c'était la première fois qu'il adapté une œuvre issue de la
littérature de jeunesse. On nous explique que les contes de fées
sont beaucoup plus facile à adapter en dessin animé que des œuvres
littéraires. En effet il fallait faire attention aux critiques
futures d'un public qui refuserait la liberté prise par Walt Disney
vis à vis de l’œuvre originale de Barrie. Walt Disney voulait
mettre en œuvre un dessin animé réellement marquant. Cette volonté
de créer quelque chose de novateur se démontre à travers l’œuvre
elle même, en effet c'est le tout premier Disney où l'on met en
scène un garçon en héros principal, mais c'est ce Disney qui
représente le plus l'aventure. De plus ces nombreux décors très
colorés, des chansons envoutantes, des personnages très divers
apportent une touche supplémentaire. Cette œuvre est
particulièrement originale. Le personnage emblématique de
Peter Pan fait de l’œuvre un des plus grands classiques Disney. Et
pour
la
première fois, Neverland allait devenir un lieu "réel",
qui ne serait plus limité par les conventions de la scène
théâtrale. Peter Pan serait un garçon et non plus une
créature androgyne. Et la Fée Clochette prenait corps pour la première
fois, car jusqu'à présent elle n'était qu'une lueur vacillante.
La
volonté de Walt Disney a crée un dessin animé de grande ampleur a
été exhaussée et devient une référence
de la culture populaire, cela se démontrant par une présence
médiatique constante.
Dans
le domaine du dessin animé, à l'époque, Walt Disney a exercé une
influence considérable, en effet les productions Disney comportent
presque tous les styles graphiques ayant été utilisés dans
l'histoire de l'animation.
A
travers ce dessin animé Walt Disney transmet aussi l'idée et la
philosophie Disney. En effet dans ce dessin animé est reprise une
citation phare de Walt : "rêve ta vie en couleur, c'est le
secret du bonheur".
Walt
est resté un grand enfant, il souhaitait transmettre aux petits et
grands l'image de son monde magique dans lequel il vivait à travers tous ces
dessins animés, à travers l'imaginaire, la magie et le rêve. Ces
valeurs continuent à se perpétuer avec les films sortis par la
suite et par les parcs d'attractions Disneyland. Le dessin animé
Peter Pan, a
d'ailleurs inspiré une des attractions phares du parc Disneyland.
Cette attraction est bien la preuve du succès de Peter, cette
attraction apparait en 1950.
Photos de l'attraction à Disneyland Paris
D'autres oeuvres font référence au dessin animé de Walt Disney, en
effet la Fée Clochette mise en animation pour la première fois dans
Peter Pan de Walt
Disney, a démontré qu'elle était un personnage à part entière en
réapparaissant dans les génériques des émissions
Disneyland
(1954-1958), Walt Disney Presents
(1958-1961) et Walt Disney’s Wonderful World of Color,
(1961-1969) présentées par Walt Disney lui-même, puis dans celui
de l’émission The Wonderful World of Disney
(1969-1979). Puis elle refait une apparition dans la suite du Grand
Classique : Peter Pan 2 : Retour au Pays Imaginaire. A
l'heure actuelle trois autres films sont sortis faisant de la Fée
Clochette son personnage principale. Elle est aussi devenue
l'emblème des parcs Disney.
La Fée Clochette emblème du parc Disneyland
Affiches des trois tomes des histoires de la Fée Clochette
Régis Loisel a su mettre en scène Peter Pan d'une façon nouvelle, à sa façon, il écrit en six tomes la genèse de Peter Pan, il
s'inspire lourdement de l’œuvre de Walt Disney en plus de l’œuvre de
Barrie. Il a su faire perpétuer Peter Pan dans le temps, et encore
aujourd'hui grâce à son adaptation. On remarque dans cette première de
couverture ci-dessous, que la représentation est déjà moins colorée que
celle de Disney, l'atmosphère est plutôt froide, à l'image du roman, le
personnage de Peter Pan n'apparait pas avec des vêtements naturels,
coloré de vert, et ne porte pas non plus son chapeau décoré d'une plume.
Ici il ressemble à un garçon ordinaire.
Première de couverture du premier tome
Voici quelques œuvres qui ont été réalisées après le dessin animé :
Peter Pan (film d'animation)
Walt Disney
1953
Comédie musicale
Jerome Robbins
1954
Peter Pan no bouken (série
japonaise)
Nippon Animation
1989
Peter Pan et les pirates (série américaine)
1990
Série de bandes-dessinées Peter Pan
Loisel
1990 et après
Peter Pan (spectacle)
Del Diffusion
1994
Film du spectacle
Jerome Kern
2000
Film Peter Pan
P.J.Hogan
2003
Film ; Neverland (avec
Johnny Depp)
Marc Forster
2004
Adaptation contée ; Le Secret de Peter Pan
Paule Latorre
2008
Show Peter Pan
Luc Petit à la mise en scène Geert Allaert à la direction artistique
2012
Série animée : Les Nouvelles Aventures de Peter Pan Public de 6 à 10 ans
DQ Entertainment et Method Animation
2012
Once Upon a Time Saison 3, apparition de Peter Pan
Edward Kitsis et Adam Horowitz
2013
On a même inventé des suites logiques :
Peter Pan and the Only Children
Gilbert Adair
1987
Hook
Steven Spielberg
1991
Les Ailes de Peter Pan
François Rivière, Françoise Balibar, éd. Seuil Jeunesse
1993
Peter Pan 2 : retour au Pays Imaginaire
Compagnie Disney
2002
Le journal de Peter
Sébastien Perez et Martin Maniez
2009
Mini série Télévisée : Neverland
Nick Willing
2011
Nous avons pu voir à partir de cette analyse que Peter Pan a vu son
nombre d'adaptations croître d'une manière fulgurante après la sortie du
dessin animé de Disney. On peut donc dire que Walt Disney, a fait
évoluer Peter Pan dans la culture médiatique, puisque après la sortie du film d'animation, pleins d'autres adaptations sont sorties.
1) Un monde utopique, si médiatisé La
présence médiatique de Peter Pan, l’œuvre de Disney, révèle et
véhicule des valeurs et des aspirations humaines. En effet les
valeurs humaines sont des qualités humaines qui ont de la valeur
pour chacun de nous, et l'aspiration humaine, elle, évoque un désir
pour l'être humain à trouver un idéal.
En
effet, ce film met en scène le désir de Peter Pan, d'échapper à
la réalité pour se laisser abandonner à l'imaginaire. C'est ce qui
fonde l'objet médiatique, et qui le rend célèbre, il était
incontournable de l'évoquer ici.
Le
Pays imaginaire ou le Neverland est le lieu emblématique du film. Si
l'on traduit la version anglaise, c'est un pays qui n'existe pas donc
imaginaire. Il est en dehors du temps, dans ce pays, le temps n'a pas
de matérialité, ce qui plait tant à Peter Pan. On y accède en
volant ou en rêvant principalement accessible aux enfants, il faut
emprunter la « deuxième étoile à droite et filer tout droit
jusqu'au matin ».
Cette
vidéo exploite et nous montre bien le Pays Imaginaire, et il est
comme Wendy "l'avait rêvé". Il est très coloré, et
reste relativement petit, mais couvert d'espèces différentes, on y trouve des
Indiens, des sirènes et des pirates, que Peter Pan provoque
d'ailleurs à la fin. On peut voir à travers le sourire de Peter Pan
qu'il se prend un malin plaisir à provoquer le Capitaine Crochet en le traitant de "poisson pourri". Ici on peut se
rendre compte aussi de la personnalité de Peter Pan, que rien ne lui fait
peur, et que pour lui tout est jeu.
Ce
pays est totalement géré par Peter Pan, il y fait régner ses
propres lois. Lorsqu'il est absent celui-ci se fane, les enfants
perdus cessent d'attaquer les pirates, et l' île perd toutes ses
couleurs. Peter Pan ne peut le quitter. Il est à l'image de Peter
Pan, comme dit Barrie dans les premiers chapitres de son œuvre, le
Pays Imaginaire ressemble à celui de nos pensées. Il se modifie
selon nos rêves.
Peter
Pan ne voulait pas d'un monde à responsabilités, il s'en défait
complètement, cet "éternel" enfant délaisse la réalité
pour un monde rempli de fantaisie, c'est son monde utopique. Ce qui fait de
Peter Pan un personnage si médiatisé est aussi la présence de ce
monde où tout est réalisable, surtout le rêve de Peter Pan, comme
le dit Barrie , celui d'être : "exactly the same as ever".
Capture d'écran à partir du film Peter Pan de Disney : Le Pays Imaginaire
L’œuvre de Disney représente bien ce monde utopique de Peter Pan, et son
aspiration à le conserver comme un havre de paix, puisque c'est dans
son lieu, que Peter Pan ne grandit pas et qu'il reste ce qui souhaite être.
Dans toutes les adaptations le pays imaginaire y est représenté, il
est un élément indissociable de Peter Pan.
Il a
tellement été au centre d'un objet si médiatisé que Michael
Jackson, chanteur ultra populaire, a créé son propre parc
d'attraction appelé le Neverland, en référence à Peter Pan, et
son pays imaginaire où l'on ne grandit jamais.
La
vidéo suivante explique le but de Michael Jackson, a créer un
tel parc. Il représente l'enfance, et nous explique que tout est possible lorsque nous sommes enfants et que nous y croyons.
Le pays Imaginaire est le reflet de Peter Pan et devient un monde utopique à l'image de nos rêves, il est le lieu principal du dessin animé et de l’œuvre principale de Barrie. Il est le havre de paix, le havre temporel de Peter Pan. Il est le sujet de l'aspiration de Peter Pan.
2) Une valeur maternelle Peter
Pan n'est pas seulement le reflet d'une aspiration à un idéal mais
il est aussi le reflet d'un sentiment profond, celui de la relation
avec une mère. Peter Pan a souvent été réduit à l'image naïve
d'une enfant rieur et insouciant, mais au delà de ça, Peter Pan
porte en lui la douleur de l'abandon de la mère. Cette figure de la
mère est très présente dans l’œuvre de Barrie, mais aussi dans
l'adaptation disneyenne, puisqu'il va chercher Wendy pour qu'elle
"joue" le rôle de mère, il évoque : " c'est une
prise sensationnelle ! Je vous ramène enfin une mère".En effet dans l’œuvre de Barrie, Peter Pan se veut très naïf puisqu'il ne se
rend pas compte qu'il fait une fixation sur sa mère, ce qui provoque
d'ailleurs une certaine frustration chez Wendy, qui elle éprouve un
sentiment amoureux. Peter veut que les filles agissent en mère à
son égard. Dans l'adaptation disneyenne, on ressent bien cette envie
comme on peut le voir ici :
Dans
cette vidéo Wendy raconte aux enfants perdus et à ses frères ainsi
qu'à Peter Pan qui lui se cache, ce qu'est une maman. Elle fait
passer un réel message aux Enfants Perdus mais aussi au
téléspectateurs. De plus elle a une attitude très maternelle
envers son petit frère Michael. Elle le câline, puis finit par le
border, lui nettoyer les joues. A la fin ses frères veulent
retourner voir leur maman, Madame Darling, et donc revenir à la
réalité. C'est un moment touchant et sentimental dans le dessin
animé, la chanson mélancolique y est pour beaucoup. On remarque que
même Monsieur Mouche est touché, il nous montre son tatouage où il
est inscrit "Mother" dans un coeur. La place de la mère
est bel et bien présente.
La seule fois ou Peter Pan parle de sa mère, c'est aux Enfants Perdus, pour leur avouer que la sienne l'a oublié :« il
y a longtemps je pensais moi aussi que ma mère laisserait la fenêtre
ouverte pour moi. Je restais donc absent pendant des lunes et
des lunes. Mais quand je revins il y avait des barreaux à la
fenêtre, car maman m’avait complètement oublié et un autre petit garçon
dormait dans mon lit
»,c'est un fait
impensable et horrible pour un enfant. Le fait que
sa mère puisse l’oublier est pour lui une douleur très profonde, une
réalité qu’il refuse d’admettre ; d’où la nécessité de se réfugier dans
le monde imaginaire et de tisser autour de la
figure de la mère.
Cette
figure de la mère est très présente dans les Walt Disney, souvent
absente, cette figure est très médiatisée. En effet dans La
Belle aux Bois Dormant, la reine
Orhiane est présente, et veut à tout prix protéger sa fille
Aurore, on ne la voit pas souvent, mais le seul moment où on la voit
c'est lorsqu'elle étreint son enfant dans ses bras pour la protéger (cf: image en dessous ) .
C'est un des seuls Disney où l'on voit la mère, comme dans Peter
Pan elle est absente, nous ne connaissons rien de la mère de la
Belle dans La Belle et la Bête, où
alors Cendrillon, on
voit juste une tapisserie reprennant le portrait de sa mère.
Capture d'écran de La Belle aux Bois Dormant
L'adaptation disneyenne tout comme l’œuvre originale de Peter Pan, nous amène à nous poser des questions sur la valeur maternelle, elle nous l'inculque ou nous la rappelle. En effet Peter Pan est un personnage blessé par l'absence de sa mère tout comme l'auteur. Il est alors intéressant et essentiel d'évoquer cette valeur qui forge le dessin animé et qui est véhiculée afin de toucher les lecteurs et téléspectateurs.